Les nouvelles cabaneries

C.A.M.T.A.R,

La MJC Antipode a proposé fin juillet avec une artiste plasticienne Cécile Demessine et son projet C.A.M.T.A.R, en partenariat avec Courrouz’If, une semaine de construction de cabanes dans les cartoucheries, les anciennes poudrières de l’arsenal rennais.

Cet espace aménagé par le bureau cosmique pendant l’été 2013 a été investi par les enfants 5 jours durant pour s’initier à l’architecture éphémère. Des enfants de l’accueil de loisir de l’Antipode, mais également des enfants des centres de loisirs de la ville de Rennes et d’autres venus avec l’accueil du centre social de Cleunay. Ces bricoleurs en herbe sont rennais, et certains vivent à la Courrouze, une façon pour eux et leurs parents de s’approprier un espace public en perpétuelle mutation.

J’y suis passé tous les jours avec beaucoup de curiosité, ma fille et son cousin y participaient. En dessinant leur projet, les yeux des jeunes architectes brillaient, « Le salon, l’entrée et là on pourrait faire une piscine, et pourquoi pas un étage ? ». Puis la construction commence : débroussailler, assembler, choisir la technique. Esthétique ou pratique ?

Certains optent pour le tressage de feuillages dans un sous-bois, d’autres construisent un tipi, d’autres encore utilisent un mur existant pour adosser leur construction et dresser un étage.

« On voulait faire plus grand mais y avait des orties, alors là bas on a laissé comme ça… » 

 

Il faisait beau et chaud, au milieu des arbres et des vieux murs. Et juste derrière, accolé à ce chantier de Robinson, le plus gros chantier que Rennes Métropole ait connu résonne avec fracas. Juste derrière les poudrières, c’est le point névralgique du chantier de la deuxième ligne de métro, là où va être assemblé et enfoui le tunnelier. A cet endroit, le chantier orné de palissades bleues et blanches disparaît par la magie du lieu. Seule une pile d’Algeco, comme une tour de Lego, domine les arbres. Le bruit des machines nous rappelle sa présence, bruit qui s’accommodait assez bien avec l’activité intense des enfants.

Au terme des cinq jours, une visite organisée par les jeunes architectes s’est imposée, les parents  ont admiré, pour certains en baissant la tête, les œuvres de leurs chérubins.

La soirée s’est prolongée autour du barbecue cosmique, des parents du quartier, des voisins,  des animateurs, des enfants et trois jeunes SDF qui avaient élu domicile pour l’été dans ces poudrières. On a bien ri à cette soirée cabanes même si je ressentais un certain vertige en regardant cette perspective, les cabanes de Peter Pan, un chantier pharaonique et invisible et un campement de fortune.

Je vous invite à  aller voir : http://camtar.org (Créations Autonomes Mobiles de Territoires Activatrices de Rencontres)

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