Play Time, on joue ?

Playtim, on joue ?

Nous étions quinze ce soir-là, lampes frontales, blouses, chiffons, petits rouleaux et pinceaux, avec l’excitation de l’interdit, de la mission secrète. Courrouz’If en cette semaine d’inauguration de la biennale d’Art Contemporain est passée en mode furtif. Nous étions le commando « Arc en ciel » et nous avons joué en rythme.

Le quartier de la Courrouze est découpé de toute part par des ganivelles. Une ganivelle, souvent utilisée dans les dunes, est une barrière formée par l’assemblage de lattes de bois (habituellement du châtaignier calibré en 45mn de large et 13 d’épaisseur), les lattes sont verticales, séparées les unes des autres par un espace dont la largeur détermine la perméabilité de la barrière et assemblées par du fil de fer galvanisé.

Alors quinze voisins et une dizaine de couleurs ont suffi pendant deux heures pour transformer le paysage. Nous avons choisi un espace presque clos et circulaire, une petite prairie dans les bois près de la grande Halle pour réaliser notre Oeuvre ! De cette manière ludique et décorative nous questionnons toutes les barrières qui nous séparent, toutes celles que l’on ne voit plus. Nous questionnons les grilles, portails, digicodes et autres techniques de sécurité aux abords de nos immeubles, mais aussi ces frontières physiques qui conditionnent nos cheminements. Nous questionnons les frontières symboliques, le quartier, la ville (Saint-Jacques ou Rennes ?) et enfin les cloisonnements de nos catégories sociales, qui habitent où ? Propriété privée collective, maison individuelle, locatif, locatif social ?

Nous vous invitons au détour de la biennale à visiter cette action poétique et en guise de jeu à compter le nombre de lattes de ganivelle peintes en rouges, dissimulées sur l’ensemble du quartier. Alors qui Joue ?

Playtime, on joue ?

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